Tout se précipite, tout s'accelère à 15 jours du retour, nous prenons enfin le temps de conter ce mois passé...sur les routes, au soleil..et d'ailleurs la route du soleil:
Des zones sèches du sud aux villages afros du nord de l'Equateur, la ruta del sol sillone les cotes escarpées du pacifique en s'enfonçant parfois dans la jungle. Comme son nom l'indique, cette
route sinueuse parcoure des régions la majeure partie de l'année ensoleillées. Beau programme, non?
La route du Soleil... a sonné pour nous comme Sur la route, cette ode à la liberté de Kerouac, grimpant à l'arrière des pick up, sans savoir exactement dans quel village il nous déposerait, nous
et les 10 passagers serrés à l'arrière, les cheveux au vent.
En mouvement et en prenant le temps. En mouvement parce qu'à moins d' un mois du retour en France ça fourmille dans les jambes avec cette envie d'aller de l'avant et ça fourmille dans
la tête pour cette même raison.
Et en prenant le temps de vivre à des rythmes qui ne nous sont pas coutumiers, celui de la Aventura del Mar, comme disait un pêcheur, celui du temps qui s'arrête dans des criques sauvages,
désertes, et celui aussi des villages qui vivent la nuit.
Sur la côte pacifique les locaux vivent de la pêche et du tourisme.
Chaque village, chaque famille a sa manière de pêcher, en suivant différemment le courant, en positionnant de telle ou telle façons le filet..
Nous avons partagé le butin des pêcheurs, un festin de gaulois: crabes, langoustes (langoustes!!!), langoustines et nombreux poissons..
Le tourisme sur la côte pacifique est présent, sous sa forme oppressante du tout partout, du tout exploité , de ces domaines sécurisés à accès contrôlé. Mais aujourd'hui les côtes sont encore
preservées de cet envahissement de béton, le bambou reste le maître. Les villages de pêcheurssont de plus en plus nombreux á s'ouvrir au tourisme, les liens ne sont pas encore biaisés par
des logiques d'intérêts, et on se sent encore dans le "vrai".
L'écotourisme communautaire se développe largement, en proposant de découvrir l'artisanat et les richesses culturelles et environnementales directement avec les locaux sans passer par des tours
opérateurs.
On a donc remonté du sud au nord, de Montañita hasta Mompiche...
Montañita:
Que locura Montañita!
Ancien village de pêcheurs, Montañita est devenu le repert des surfers grâce à ses vagues qui atteignent les 4 mètres. Montañita est un vrai meltingpot, accueillant les bras grands ouverts un
tourisme local et international.
Sur deux rues principales se succèdent une trentaine de bars, hostals, boutique de surf. Les cabanes en bambou qui proposent des cocktails sucrés ont remplacé les barques de pêcheurs échouées sur
la plage.
"La pointe", l'une des bordures rocheuses de la crique marque Montañita de son esthétisme publicitaire: l'érosion a sculpté une statue ressemblant à celles des Îles de Pacque qui est représentée
sur toutes les affiches et cartes postales ventant les atouts de Montañita.
Les baroudeurs, artisans, rêveurs et même consommateurs qui arpentent routes et chemins nous ont affirmé que la durée du séjour initialement programmée à Montañita se multiplie par deux trois
voir quatre lorsqu'on y est installé. Ainsi certains sont restés accrochés et n'y ont même plus jamais décolé.
Le rythme de la vie est celui de la nuit, oubliant l'alternance des marées, des cadences d'un quotidien urbain.
Au delà de la superficialité de la fiesta intensive, vit aussi la partie underground aux rythmiques rock punk anarchistes à laquelle on s'est mêlés.
On y est resté une semaine, avons largement profité de ce que ce village nous proposait. De chouettes rencontres, des discussions enrichissantes, un océan ressourçant...
L'Hostal où nous logions est tenu par un loco, un vrai de vrai! Vito, le dueño, chante et danse à tout va sur de l'electro qu'il pousse aux limites de ses baffles. En chaman apprentis, il se fait
ses "médecines", tenant secrètes ses recettes. Vito est d'une hospitalité et générosité infinies. Connu et respecté du village entier, il ne fait pas sa pub mais de bouche à oreille les
voyageurs pour beaucoup artisans s'y réunissent tout au long de l'année. Selon Vito, on finit toujours par repasser chez lui.
Salango:
On continue le chemin pour arriver à ce petit village de pêcheurs peu habitué à voir des touristes débarquer. Bizarrement son rivage est aménagé à l'occidentale et semble attendre désespérément
les touristes pour devenir une croisette bétonnée. Un coup de folie d'un investisseur qui a cru aux heures de gloire de Salango, regardant jalousement Montañita??
Une vie de village tranquille qui s'anime au rythme de la pêche.
Salango est connu pour son île du même nom. Gros tas de roche qui s'ouvre sur une plage minuscule. Des excursions sont proposées, en général à partir de Puerto Lopez, ville voisine.
Nous avons participé à une de ces virées en barque en suivant un drôle de bonhomme, qui semblait nous proposer une alternative aux tours opérateurs. Morale de l'histoire: ne pas faire la fête la
veille de faire du bateau!
Wiston Churchill (non ce n'est pas une blague, ce bonhomme se fait réellement appeler comme ça) nous a proposé de pêcher les poissons qui nous avons ensuite cuisinés en Ceviche (poissons cuits au
citron agrémentés de tomates, oignons, sel et poivre et plus selon les recettes) aux abords de l'île, puis d'aller faire du smourfcooling (masque et tuba) dans des eaux sombres et polluées par
les barques à moteur qui amènent les chers touristes aux peaux huileuses découvrir les merveilles environnementales. Bon... positif de cette expérience nous avons rencontré des bretons avec qui
nous avons passé un bout de temps, super échange; et nous avons mangé du bon poisson pêché par nos soins!!
Puerto Lopez:
Après avoir attendu un bout de temps qu'une voiture accepte de nous prendre, on arrive désespérés dans cette ville au premiers abords peu accueillants. Et finalement, nous sommes tombés sous le
charme, de son marché qui propose selon les arrivages thon rouge, corina, langoustines .., de ces comedors aux saveurs de la mer et des cabanes en bambou, leurs hamacs sur la plage et jugos et
batidos (jus de fruit avec de l'eau ou du lait).
La grande attraction de Puerto Lopez est l'Ile de la Plata, également surnommée Les Galapagos des pauvres, dont l'excursion s'élève tout de même à environ 45 euros par personne.Cette île
fait partie du parc national, ainsi que la playa de los Frailes, également très fréquentée.
Nous avons opté pour les Galapagos des SUPERS pauvres: l'île de Salango (décrite plus haut).
La isla de la Plata a finalement déçu les voyageurs qui nous l'ont décrite. Semble-t-il, elle aussi très polluée... Elle tire sûrement sa réputation du point stratégique qui la voisine pour
observer les baleines. Ces gros mammifères si rendent de juin à septembre pour se reproduire. Avec grande peine nous ratons ce rendez vous!
Playita... une crique déserte, au goût de paradis. Un petit chemin nous y a conduit, accompagné par une centaine de papillons blancs, les chants d'oiseaux, et une végétation féerique. Nous y
avons passé trois jours, imaginant construire une cabane et vivre simplement ressourcés par ce lieu magique. La redescente fut brutale lorsque nous et nos 2 acolytes bretons avons été pris en
stop par le directeur du Parc national duquel cette plage fait partie. Cette plage est interdite pour raison de reproduction de tortues en disparition.... Le décor est posé, les mines figées...
Le Petit futé conseille cette plage, les agences l'indiquent sur leur carte, et cette plage est interdite d'accès... hum...
On reprend la route et j'accélère un peu les descriptions...
On passe rapidement sur Manta, capitale régionale, décidément les villes ne nous séduisent pas. Seul intérêt porté sur les voiliers de bois
en construction sur la plage, de véritables bateaux de pirates dans notre imagerie fantaisiste.
Crucita, et l'accueil chaleureux de ses habitants, est engoncé entre une plage sur plus de 2 kilomètres et la jungle débordante.
Montecristi, et les fameux panamas. Les chapeaux de paille sont en effet fabriqués en Equateur bien qu'ils portent le nom de "Panama". Ce
sont les indigènes équatoriens qui ont découvert l'extrême résistance de la paille "paja toquilla" qu'ils tissent et qui pousse à l'état sauvage seulement dans cette région. La ville regorge de
boutiques aux chapeaux; les ateliers d'artisanats sont quant à eux à la campagne.
Montecristi est morne, la tristesse marque le visage de beaucoup.
San Antonio, petit village de pêcheurs préservés de l'affluence touristique,
Bahia, grosse ville bourgeoise et débordante d'incohérence..
San vicente, accessible en barque depuis Bahia, la traversée du Rio Chone coûte 25 centimes.
Nous arrivons à Canoa, qui nous avait été présenté comme un petit Montañita. Nous avons ressenti beaucoup plus d'authenticité dans ce
village. Le contexte y fait sûrement pour beaucoup, le village était en deuil. Canoa a perdu un fils d'adoption, l'homme qui se faisait appelé El Rey de la Noche.
El Cabo Pasado, crique déserte, sauvage, seulement accessible par la jungle. On s'est cru tour à tour Indianna Johns, en mission
anthropologique à la recherche des marques de civilisations anciennes, ou dans Cent ans de solitude cherchant le village de Macondo. Les singes hurleurs ont très vite planté le décor, le nuage de
moustiques en permanence au dessus de nos têtes nous a rappelé que nous étions en zone tropicale, les papillons aux couleurs psychédéliques, les oiseaux aux chants envoûtants, et la forêt
condensée, opaque, menaçante... Un tigrillo a montré le bout de sa queue, furtivement..
Mompiche, au sud d'Atacames, dans la province d'Esmeraldas. Pour changer, petit village de pêcheurs
qui se transforme petit à petit en paradis des touristes. Heureusement pour nous et notre recherche d'authenticité, la mutation n'en est qu'à son début, autrement dit: c'est peinard. Les
bateaux de pêche occupent légitimement la plus grosse partie de la plage, il y est facile de trouver un comedor pas cher et succulent, les locaux sont accueillants. Nous y avons passé 1
semaine. Mompiche est connu pour sa vague qui déroule le long d'une pointe, fameuse pour sa régularité et ses rochers à fleur d'eau.
Pas de photos à l'appui, plus d'appareil depuis un bout de temps..
............ et maintenant direction Bogota, en prenant notre temps bien sûr pour repasser dire aurevoir aux copains................... ça sent le retour a plein nez.